Il s’agit d’une lettre illustrée originale du XIXe siècle, spécifique au « Régiment de Chasseurs », éditée à Metz par la Maison Gangel.
Ce type de papier à lettre était utilisé par les soldats pour écrire à leurs familles.
Les Chasseurs de Vincennes désignent historiquement les premiers bataillons de Chasseurs à pied créés par le duc d’Orléans à partir de 1837
Le contexte : Cette illustration correspond parfaitement aux premières tenues de ce corps sous la Monarchie de Juillet (période 1838-1848), immortalisées dans des planches militaires de l’époque
L’uniforme : On retrouve les attributs réglementaires caractéristiques avec le shako en drap bleu foncé surmonté de son emblématique plumet vert vertical (la couleur distinctive des chasseurs)
Cette estampe est une production de la célèbre imagerie populaire de la Maison Gangel, implantée à Metz. Fondée par Charles Nicolas Auguste Gangel au milieu du XIXe siècle, cette manufacture s’était spécialisée dans les gravures militaires et religieuses à forte diffusion.
Éléments de décor : Le sujet s’inscrit sous une arche de branches de laurier. De part et d’autre, deux grands drapeaux tricolores français encadrent la scène, accompagnés de trophées militaires incluant un cor de chasse (emblème traditionnel des chasseurs), des fusils en faisceau et des boulets de canon au sol. En arrière-plan, on devine un paysage vallonné agrémenté d’une petite fortification.
Dès leur création sous Louis-Philippe, les bataillons de Chasseurs à pied (alors basés à Vincennes) sont envoyés en Algérie pour participer à la guerre de conquête face aux troupes de l’émir Abd el-Kader. Leur agilité, leur vitesse de marche (« le pas chasseur ») et la précision de leurs nouvelles carabines en font une force redoutable adaptée à la guerre de guérilla en terrain difficile
C’est sur le sol africain que s’est forgé le mythe de cette unité. Près de Djemmaa Ghazaouet (Algérie), le 8e bataillon de Chasseurs à pied (issu de Vincennes) est encerclé par des milliers de cavaliers d’Abd el-Kader